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mais je vous invite à suivre la formidable histoire de notre Glorieux 75 sur mon nouveau site en cliquant ici !

 

Les forts du Général Séré-de-Rivières

A la suite de la défaite de la guerre contre la Prusse en 1870, la France perd l'Alsace et la Lorraine et se retrouve privée de sa frontière naturelle sur le Rhin. Le nouveau tracé de la frontière séparant la France de l’Allemagne, et qui s’étend de Longwy à Belfort, rend le territoire français sans protection naturelle ou artificielle et à la merci d’une invasion de l’ennemi qui pourrait atteindre Paris.

Le Général Séré de Rivières (1815-1895), alors directeur du service du génie dans la sous-commission des places fortes, propose un plan de fortification de l'ensemble des nouvelles frontières.

Une loi votée le 17 Juillet 1874 officialise ce projet par l’attribution de crédits d'un montant d’environ de 90 millions de francs alloués à la construction du système proposé par le général Séré de Rivières qui doit, à terme, représenter 166 forts, 43 petits ouvrages et plus de 250 batteries.

Les frontières de l'est de la France doivent être protégées par un ensemble de forts répondant à trois impératifs (rideaux défensifs) :
1. empêcher toute offensive ennemie.
2. faciliter la mobilisation en cas d'attaque.
3. servir de base de départ à une éventuelle reconquête des territoires perdus lors de la guerre de 1870.

Ce système défensif doit être articulée autour de quatre camps retranchés : Belfort, Épinal, Toul et Verdun. Ces camps doivent être reliés entre eux par des forts de liaisons formant un rideau défensif, se couvrant les uns les autres du feu de leurs canons d’une portée maximum de 9 km.

 

Les travaux de construction des forts s'étalent entre 1874 et 1885. Mais dès 1886, l’invention de la Mélinite par Eugène TURPIN, un nouvel explosif beaucoup plus puissant que la poudre noire, et l'apparition de fusées à retardement remettent soudainement en question l’efficacité de la maconnerie des forts. Des essais de tirs d’obus à la Mélinite sont pratiqués en 1886 sur le fort de la Malmaison (Aisne), fraîchement terminé. Les résultats de l'effet la Mélinite sur la structure du fort sont accablants. La ligne Séré de Rivières, à peine terminée, est devenue presque inutile !

Le béton, qu'il n'avait pas été jugé utile d'utiliser dans la construction des forts est en fait le seul matériau avec l'acier à pouvoir résister à la puissance de la Mélinite. Dès le début des années 1890 dans un premier temps, puis à la veille de la guerre dans un deuxième temps, des modernisations et renforcements bétonnés sont décidés. On crée des tourelles en acier, on construit de nouvelles casemates dites de Bourges et on renforce les voutes des forts avec du béton.

 

LES CASEMATES DE BOURGES DU FORT D'UXEGNEY

 

C'est en 1895 dans le cadre du renforcement des forts de Séré-de-Rivières, que le Commandant Laurent met au point une casemate de flanquement bétonnée. La première casemate de Bourges, issue de la note en date du 17 août 1899, voit le jour au fort de Haudainville (place de Verdun). En 1914, 46 casemates de Bourges sont ainsi opérationnelles sur le rideau défensif de Séré-de-Rivières et installées sur les places fortes de Verdun, Toul, Epinal et Belfort. Seules deux casemates seront construites à Dunkerque.

Cette casemate de Bourges, armée de deux canons de 95mm Lahitolle sur affût crinoline avec champ de tir en direction de 45°, était organisée autour de deux chambres de tir disposées en échelon protégées par un mur en aile et par une dalle de béton armé d'une épaisseur de 1m75. Un observatoire bétonné portégé par 55 cm de béton y est ajouté par la note en date du 14 novembre 1905. La casemate de Bourges possédait un niveau inférieur au deux chambres de tir à l'observatoire et qui était destiné au stockage des munitions.

Le canon de 95 n'a qu'une faible cadence de tir de 6 coups par minute et commence à devenir obsolète face aux progrets techniques réalisés par le canon de 75. Une note en date du 18 octobre 1902 fait adopter le canon de 75 mle 1897 pour l’armement des casemates en remplacement du bon vieux 95.

L’effectif d’une casemate de Bourges est de 16 hommes sous les ordres d'un adjudant:

- pièce n°1: 5 hommes plus le chef de pièce,
- pièce n°2: 5 hommes plus le chef de pièce,
- magasin à munitions: 1 brigadier et deux manœuvres.

 

Les deux casemates de Bourges (4 canons de 75) présentes au Fort d'Uxegney ( département des Vosges ) ont été les dernières construites.


Entrée du fort d'Uxegney

 

La casemate placée face à l'ouest couvre la batterie de Sanchey à 3,5 kms et la route de Neufchâteau, la casemate face à l'est couvre les forts de Bois l’Abbé et de la Grande Haie respectivement à 1,5 kms et 3 kms et la route de Nancy. La casemate ouest est complète et en parfait état de fonctionnement, celle face à l’est est en cours de restauration.

 

Casemate de Bourges ouest
Casemate de Bourges est

 

L’effectif d’une casemate de Bourges est de 16 hommes sous les ordres d'un adjudant:

- pièce n°1: 5 hommes plus le chef de pièce,
- pièce n°2: 5 hommes plus le chef de pièce,
- magasin à munitions: 1 brigadier et deux manœuvres.

- La dotation de chaque pièce est de 500 coups.

- Une armoire présente dans chaque chambre de tir permet de stocker 96 obus en 1ère dotation.



Je tiens tout particulièrement à remercier Florian pour les précieuses informations et les photos qu'il a aimablement mis à ma disposition.
Ces pages consacrées au 75 de casemate n'auraient pu voir le jour sans son aide.


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