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Afin de compléter
l'étude du canon de75, nous allons voir sur cette page le rôle
de chaque servant pendant le tir. Afin de pouvoir satisfaire l'énorme
cadence de tir de 20 coups par minute, les rôles, gestes et positions
de chaque homme sont parfaitement détaillées par les règlements,
qui n'autorisent que peu de libertés dans leur execution .
INTRODUCTION
(RAPPELS).
Le service de la
pièce de 75 est généralement exécuté
par six servants, dont les fonctions principales pendant le tir sont les
suivantes :
Deux
pourvoyeurs (1° et 2°) approvisionnent le débouchoir
en cartouches à obus à balles ou amorcent les cartouches
à obus explosifs;
Un déboucheur débouche les évents
ou distribue les fusées détonateurs des obus explosifs,
il passe les cartouches au chargeur;
Un chargeur introduit les cartouches dans
la chambre;
Un tireur donne la hausse, ouvre et ferme
la culasse, met le feu;
Un pointeur donne l'angle de site et la dérive,
pointe et repère le canon.
LE
DÉBOUCHEUR
I.. Disposer
le débouchoir.
Le débouchoir sert à déboucher l'évent, c'est-à-dire
à percer la fusée en un point convenablement choisi pour
que le projectile éclate en l'air au point voulu. Il prend place
au pied du caisson à munitions, posé sur le sol en position
centrale.
Le déboucheur doit d’abord abattre le débouchoir en
agissant sur le levier d'accrochage et le faire tourner bien droit vers
l'arrière, en le maintenant appuyé contre l'axe d'accrochage.,
jusqu'à ce qu'il repose sur le sol.
Pour ouvrir le débouchoir, il agit sur la chevillette du fermoir
et relève le couvercle.
Pour remettre le débouchoir en place, il doit mettre le correcteur
à la division 20, et tourner la manivelle dans le sens de la diminution
des distances jusqu'à ce qu'elle soit arrêtée par
le verrou d'arrêt. Enfin il rabat le couvercle sur la boîte
et l'y fixe au moyen du fermoir. Pout finir il relève le débouchoir
sans l'abandonner.
II. Maniement
du débouchoir
Une fois le débouchoir en place, le caisson étant en batterie,
le déboucheur se place en arrière du débouchoir,
face au caisson et à genoux sur le sac à terre.
Selon les ordres reçus de son chef de pièce, il peut soit
déboucher une seule cartouche, soit plusieurs :
Pour le tir fusant il reçoit toujours de son chef de pièce
un commandement du type :
« Correcteur tant, Telle distance » (par exemple
: « correcteur 16, distance 2500 »).
Le déboucheur introduit l’ogive d’une cartouche dans
chaque boîte d’ogive du débouchoir, il règle
d’abord le correcteur sur la valeur donnée, puis tourne la
manivelle jusqu’à ce que la distance voulue soit en face
du trait repère.
Ces opérations faites, le canonnier débouche une cartouche
seulement, en n'employant jamais que la main droite, même pour le
levier de manoeuvre de gauche. Pour cela il doit appuyer avec la main
droite sur le levier, l'abaisser brusquement et à fond, de manière
à percer la fusée, et le relever complètement jusqu'à
ce qu'il soit vertical, de manière à retirer la lame de
la fusée.
Il saisit ensuite la cartouche de la main droite au milieu de la douille,
la soulève pour la sortir de la boite d'ogive, il place la main
gauche sous l'ogive du projectile et se tient prêt à passer
la cartouche au chargeur.
Dans le cas du tir percutant, il ne débouche pas les fusées.
III.
Distribuer les fusées détonateurs
Le débouchoir ne sert qu’a régler le retard des fusées
fusantes ou à double effet employées sur les obus à
balles. Les obus explosifs utilisent des fusées détonateur
percutantes qui n’ont pas besoin d’être débouchées.
Lorsque le chef de pièce ordonne : « A obus explosifs,
TELLE DISTANCE »,
le déboucheur, après avoir refermé le couvercle du
débouchoir, extrait la boîte à fusées du grand
tiroir qui se trouve en position centrale, face à lui, dans le
caisson à munitions. Il la pose sur le couvercle du débouchoir
et l'ouvre.
Il passe à chaque pourvoyeur, au fur et à mesure de l’amorçage,
une fusée détonateur qu'il extrait de la boîte.
Il reçoit ensuite la cartouche amorcée et la passe au chargeur.
Quand on cesse le feu ou que l’on passe au tir des obus à
balles, le déboucheur replace dans la boîte à fusées
les fusées détonateurs dévissées par les pourvoyeurs.
Il ferme la boîte, la remet en place, et, suivant le cas, relève
ou ouvre le débouchoir.
LE
CHARGEUR
Le chargeur, comme
son nom l’indique, prend une cartouche des mains du déboucheur
et l’introduit dans la chabre du canon (la pièce est en batterie,
culasse ouverte).
Le manuel du canonnier servant définit précisemment la position
du chargeur :
« La position suivante convient dans un grand nombre de cas
: se placer à 50 centimètres en arrière de la roue
gauche, entre la roue et la flèche, à l’abri du bouclier,
face au siège du pointeur, le pied droit à peu prés
perpendiculaire à la flèche, le pied gauche à environ
30 centimètres du droit. Pour charger, se tourner, en se fendant
du pied gauche, dans la direction du débouchoir; saisir de la main
droite au culot et de la main gauche en arrière de l’ogive,
la cartouche que tend le déboucheur, reprendre sa place face au
siège du pointeur par un mouvement inverse, et introduire avec
précaution l’ogive dans l'échancrure, en abandonnant
le projectile avec la main gauche; faire ensuite glisser la cartouche
en la poussant au culot avec la paume de la main droite, les doigts ouverte;
enfin, la lancer à fond, la main ouverte venant s'arrêter
à la tranche postérieure du manchon. »
LE
TIREUR.
Le tireur prend place
sur le siège droit du canon de 75. Le règlement autorise,
dans certains cas, le tireur à travailler debout, juste en arrière
de son siège.
I. Décrocher et accrocher le frein de roues.
Cette
opération exige le concours du chargeur.
Le canon étant en batterie, pour décrocher le frein de roues,
le chargeur se porte entre la roue gauche et la flèche; le tireur
se trouve entre la roue droite et la flèche; tous deux saisissent
le tirant de leur côté près de la traverse du frein.
Le tireur tourne la tête de la chevillette à droite, la soulève
jusqu'à l'arrêt de sa course, sans chercher à l’enlever
de son logement, et commande :
« FERME ».
A ce commandement, les deux servants soulèvent la traverse du frein,
le tireur fait basculer le levier d'accrochage en le tirant en arrière;
dès que la traverse est dégagée, les deux servants
l'abandonnent en la laissant tomber de son propre poids.
Pour accrocher le frein des roues, le chargeur et le tireur se placent
comme au mouveent précédent et soulèvent la traverse
au commandement : « FERME », du tireur. Le tireur
fait pivoter le levier d'accrochage vers l'avant et remet la chevillette,
qui doit tomber d'elle même dans son logement.
II. Ouvrir et fermer la culasse
Le
tireur, selon les circonstances, se place debout face au canon, entre
la roue droite et la culasse, ou bien enfourche le siège de droite,
s'assied face au canon et laisse tomber les mains sur le côté..
Pour ouvrir la culasse, il saisit la poignée avec les deux mains
les ongles en dessous, et fait tourner la culasse jusqu'à l'arrêt
du mouvement. La fin du mouvement d'ouverture produisant l'éjection
de la douille, doit être faite énergiquement.
Pour fermer la culasse au moment où la cartouche est introduite
dans la chambre, la cartouche produit un léger mouvement de rotation
de la culasse; le tireur a soin de ne pas s'opposer à ce mouvement
qui amorçe la fermeture; il le prolonge, au contraire, achevant
de fermer la culasse en saisissant la poignée avec les deux mains,
les doigts fermés, les ongles en dessous, et en faisant tourner
la culasse jusqu'à l'arrêt complet du mouvement; le chargeur
laisse ensuite tomber les mains sur le côté.
III. Donner la hausse
Au
commandement : « TELLE DISTANCE », par exemple :
2.400, le tireur prend la poignée de la manivelle de hausse avec
la main droite et la fait tourner (en la poussant vers le plateau fixe
pour dégager l'ergot) jusqu'à ce que la division soit en
face du trait de repère ; il abandonne alors la poignée.
IV.
Mettre le feu.
Le
tireur étant debout, la culasse fermée et la pièce
de sureté à la position de tir, au commandement : «
Pour le premier coup », le tireur se retire en dehors de
la roue droite (le premier coup tiré entraîne le recul du
canon jusqu’à ce que la bêche de la pièce s’enfonce
dans le sol ; soit un recul d’au moins 10 cm, qui peut être
dangereux pour les servants de la pièce). Au commandement : «
FEU », il se penche pour saisir de la main gauche la poignée
du tire-feu, la tire en arrière et légèrement vers
le bas jusqu'à l'arrêt du mouvement, en ayant soin de ne
pas la ramener vers soi, et l'abandonne brusquement.
Le tireur étant
assis sur son siège, au commandement : « FEU »,
il saisit de la main gauche la poignée du tire-feu et met le feu
comme il est décrit ci-dessus.
En cas de raté, le tireur doit recommencer de suite la mise de
feu et s'arrêter après deux nouveaux essais infructueux (une
cartouche ayant donné lieu à trois ratés consécutifs
ne devra jamais être remise dans les coffres). Quand le raté
s'est produit, le tireur étant à la position « Pour
le premier coup », il faut attendre quelques instants avant
de recommencer l'opération.
V. Emploi
du refouloir.
Le
refouloir et l'écouvillon d'une pièce ne doivent être
retirés de leurs fourreaux et maniés que par le tireur de
cette pièce. Le refouloir sert à extraire du canon les cartouches
ou les douilles qui n'auraient pu être éjectées par
l’extracteur. S'il s'agit d'une douille, il est nécessaire
d'assembler l'écouvillon et le refouloir. Dans les deux cas, il
faut engager le refouloir dans le canon par la bouche et frapper avec
la tête du refouloir sur la fusée du projectile, ou sur le
culot de la douille (se servir de la même façon du refouloir
à tête évidée, qui appuie alors sur l'ogive).
S'il s'agit d'une cartouche, le chargeur placé à la culasse
la reçoit dans les deux mains.
Le refouloir et l'écouvillon ne sont remis en place qu'à
la fin du tir.
A
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