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Ce site n'est plus mis à jour depuis 2004,

mais je vous invite à suivre la formidable histoire de notre Glorieux 75 sur mon nouveau site en cliquant ici !

 

Le canon de 75 modèle 1897 a connu une carrière exemplaire puisque les derniers canons encore en dotation dans l'artillerie francaise ont été retirés du service actif pendant la guerre d'Algérie. Durant toutes ces années, le 75 a été à plusieurs reprises modifié pour être amélioré, ou adapté à des utilisations particulères.

Voici les principales variantes du 75:

- Les canons de 75 anti-aériens,

- Le canon de 75 équipant le char Saint Chamond,

- Les canons de 75 de la Ligne Maginot,

- Le canon de 75 modèle 1897 modifié 1938,

- Le canon de 75 modèle 1897 modifié 1940,

Bientôt:

- les canons de 75 modifés équipant l'armée de la France Libre en Afrique du nord,

- Les prototypes,

 

 

 

 


 

LES CANONS DE 75
ANTI AERIEN:


Lorsque la grande guerre éclate, l'idée d'une artillerie contre ballons et avions avait déjà été évoquée depuis le début du siècle.

En effet les artilleurs voient rapidement le rôle primordial que peuvent avoir les ballons d'observation dans le réglage des tirs et la désignation des objectifs. En désaccord avec la doctrine du commandement, ils veulent même donner aux ballons une mission de combat et de bombardement.

Dès 1909, l'artillerie crée un établissement d'aviation militaire, sous les ordres du Lieutenant-colonel Estienne. Cette unité est chargée dans un premier temps d'expérimenter différentes utilisations de ballons au service de l'artillerie.
Mais les progrès réalisés par l'aéronautique militaire conduisent très tôt à la nécessité de protéger ces ballons en forme de saucisse.Très peu maniables et très vulnérables face à l'armement emporté par les avions, on décide de créer des moyens de défense contre aéronefs (DCA). Ces moyens vont dès le début de la guerre de position avoir aussi pour mission de protéger les lignes francaises des nombreux avions de chasse allemands.

En 1913 le premier canon de 75 de DCA entre en service: l'auto canon de 75 De Dion Bouton modèle 1913. Ce canon au pointage tous azimuts, novateur pour l'époque, s'avère au cours de la guerre mal adapté pour lutter contre des avions de plus en plus rapides et maniables (vitesse de pointage trop lente, munition mal adaptée...). Alors qu'un seul exemplaire existait au début de la guerre, ce sont environ 400 autocanons de 75 qui défendent, comme ils le peuvent, la ligne de front francais en 1918. Rassemblés au sein de groupes d'autocanons dès 1916, ils sont directement placés sous les ordres des corps d'armées et leur utilisation les amènent à être souvent déplacés pour venir soutenir les grandes offensives en préparation.

 

Je vous invite à aller visiter un site très intéressant de photos sur la guerre de 14-18 où figurent de superbes vues d'un autocanon avec son équipage: http://bac.d.free.fr/guerre_14_18/

Pour palier le manque d'auto canons sur le front jusqu'en 1916, des canons de 75 montés sur des affuts anti aériens de fortune apparaissent ici et là sur le front. Souvent fabriqués sur les arrières immédiats du front ces modèles de 75 de DCA n'ont, à priori, pas eu d'existence prolongée après la guerre.

En voici trois exemples:

 

 




LE CANON DE 75 EQUIPANT
LE CHAR SAINT CHAMOND:

Les Anglais expériment les chars à partir du 15 septembre 1916, lors de l'attaque des lignes allemandes sur le plateau de Thiepval, avec 48 chars alignés. La surprise dans les lignes ennemies est totale, et les anglais enfoncent le front de plusieurs kilomètres.



Dans l'armée française, début 1916, c'est le Général Estienne qui persuade le haut commandement de l'intérêt de créer une artillerie Spéciale ( A.S.) pour enfin reprendre l'initiative sur la ligne de front. Un prototype conçu par Schneider est accepté et une première commande de 400 exemplaires est passée. La première conception tactique d'emploi des chars du Général Estienne date de 1915: les chars permettront de transporter l'infanterie et ses armes à travers les obstacles et la mitraille du champ de bataille. Mais, devant les difficultés techniques, cette tactique évolue. Désormais, le nombre de blindés combiné à l'effet de surprise permettra de réaliser la rupture du front.
Dans l'Oise, sur le plateau de Champlieu (au sud-est de la forêt de Compiegne), un camp d'entraînement de l'Artillerie Spéciale est rapidement crée afin d'instruire au plus tôt les premiers équipages désignés aux tactiques d'emploi de cette nouvelle arme.

 




Parallèlement à la construction des chars Schneider, 400 chars de rupture sont commandés à la Compagnie des Forges et Aciéries de la Marine et d'Homécourt (F.A.M.H.) de Saint Chamond, près de Lyon. Le nouveau véhicule est plus grand et plus lourd que le char d'assaut Schneider, mais il partage avec ce lui un grand nombre d'éléments mécaniques provenant du tracteur Holt.

 

 

Lors de l'offensive du Chemin des Dames en 1917, plusieurs groupes de chars dont quelques Saint-Chamond sont engagés dans le secteur de la Malmaison. Souffrant de nombreuses imperfections techniques ( mobilité réduite, mauvaise fiabilitédu moteur, risque d'incendie...), et soumis au feux incessants de l'artillerie allemande, ces engins subissent de très lourdes pertes.
Sur 63 chars, 27 ne dépassent pas les lignes françaises, et 15 tombent en panne dans la 1° ligne allemande...
Malgré ces échecs, le Général Estienne reste convaincu de l'efficacité indéniable de ces engins encore bien vulnérables. A cette même époque un nouveau prototype bien plus maniable et rapide est déjà à l'expérimentation: le char Renault FT 17.

 

Le char Saint Chamond disposait d'un canon tirant dans l'axe qui se révéla peu performant en tout-terrain du fait de l'important porte-à-faux de la caisse. Deux modèles furent construits : le premier modèle fut équipé d'un canon de 75mm Saint-Chamond, le second armé d'un canon de 75mm modèle1897 et protégé par un toit en pente protégeant efficacement l'équipe des tirs de grenades. Les chenilles furent également modifiées pour améliorer la traction du blindé.




- Moteur: Panhard, 4-cylindres à essence, 67 KW
- Vitesse maximum: 8 km/h maximm sur route
- Autonomie moyenne: 59, 5 km ou 9 heures en terrain varié.
- Longueur: 8, 68 m.
- Largeur: 2, 67 m.
- Hauteur: 2, 36 m.
- Poids: 22 tonnes
- Armement (chars de 1° série): canon St. Chamond T.R. de 75 mm,
quatre mitrailleuses Hotchkiss de 8 mm.
- Armement (chars de fin de série): canon de 75 mm modèle 1897,
quatre mitrailleuses Hotchkiss de 8 mm.
- Blindage: de 11 à 17 mm.
- Equipage: 8hommes.


 

 

 


 

LES CANONS DE 75 DE LA LIGNE MAGINOT:


La ligne Maginot, baptisée d'après le nom d'André Maginot, ministre de la guerre en 1930, est une ligne de défense face aux frontières nord et est dont la construction a débuté en 1929. Forte de 58 ouvrages d'infanterie et d'artillerie, cette ligne de fortification a bien sûr été dotée du canon de 75 dont différents modèles en assuraient la protection. Ces canons de 75 modifiés équipant les régiments d'artillerie de forteresse utilisaient les mêmes munitions que le 75 de campagne.

Sous casemate se trouvaient:

- le canon de 75 modèle 1929 ou modèle 1933,
- le mortier de 75 modèle 1932.

Sous tourelle se trouvaient:

- le canon de 75 raccourci modèle 1932,
- le canon de 75 modèle 1933.

Par manque de connaissances sur la ligne Maginot et sur ces modèles spécifiques dévivés du canon de 75, je ne développerai pas ce sujet, mais je vous encourage à visiter l'excellent site:

www.lignemaginot.com.


Ce site est LA REFERENCE sur le sujet. Très bien fait, il vous permettra de découvrir tous les aspects de cette page de notre histoire.


 

LE CANON DE 75
Modèle 1897 Modifié 1938:


Avec la généralisation de l'automobile dans les armées au cours des années 30, le canon de 75 modèle 1897 s'avère totalement inadapté à la traction par véhicules à moteur. Conçues à l'origine pour la traction hippomobile, ses roues en boisà bande de roulement métalliques limitent la vitesse moyenne de déplacement de l'attelage à 7 - 8 kilomètres à l'heure. Au delà, le canon, dépouvu de suspension, s'expose à des dégradations importantes.

 

Pour palier ce problème, deux possibilités voient réglementairement le jour au début des années 30:

- Dans un premier cas, on prévoit non plus de tracter le canon, mais de le porter sur un camion à plate-forme spécialement aménagée. Deux rampes permettent de monter le canon, à l'aide de cordages ou d'un treuil si le véhicule en est équipé.

- L'autre solution retenue consiste à atteler le canon ou le caisson derrière le camion. Pour remédier au problème de l'absence de suspension, le canon ou le caisson reposent sur un train rouleur spécialment conçu, à deux éléments. Ce train rouleur autorise une traction du canon ou du caisson jusqu'à une vitesse moyenne de 20 kilomètres à l'heure. Deux roues pleines à bande de roulement en caoutchouc, d'un diamètre de 50 cm, sont fixées à un moyeu et reliées entre elles par une suspension à lames métalliques. Sur la partie supérieure de l'élément de train rouleur, un support vient se fixer sur la partie libre de l'essieu du canon ou du caisson. Les roues du canon ne touchent plus le sol et reposent alors chacunes sur deux roues avec suspension. Trains rouleurs de canon et de caisson diffèrent légèrement dans la partie supérieure de fixation.

Un train rouleur de canon est composé de:
- 2 éléments de train rouleur de canon,
- 1 barre d'accouplement,
- 2 cales de roues, utilisées pour la manoeuvre.

Un train rouleur de caisson est composé de:
- 2 éléments de train rouleur de caisson,
- 1 barre d'accouplement,
- 1 clef à tube, utilisée pour la manoeuvre.

Mais ces deux solutions ne sont que provisoires et compliquent la tâche des artilleurs pour mettre en oeuvre leur canon.


En 1938, le 75 est modifié, notamment par la mise en place de roues à pneumatiques pleins montés sur des jantes moulées. Par la suite on rencontre aussi des roues avec pneumatiques à chambre à air montées sur des jantes en tôle emboutie.

 

 

On peut enfin atteler correctement le canon derrière un camion ou un tracteur d'artillerie semi-chenillé sans manipulations complexes.

 

Plusieurs modèles de roues peuvent être différenciés sur ces photos:

Jantes moulées avec pneus pleins
Jantes en tôle emboutie avec pneus à chambre à air

 

 


 

LE CANON DE 75
Modèle 1897 Modifié 1938-1940:

Ce modèle est la continuité de l'évolution du canon de 75. Les système de frein à abattage est supprimé et remplacé par des freins à tambours situés dans le moyeu des roues. Les pneumatiques à chambre à air sont devenus de rigueur.

Un suberbe exemplaire de ce modèle est exposé au Musée de l'Armée (Paris, les Invalides). Il s'agit d'un canon entièrement restauré ayant participé aux combats de Bir Hacheim en mai 1942 au sein de la 1°DFL.Ce canon, de couleur sable, a le bouclier découpé pour réduire la silhouette de la pièce. Les sièges du pointeur et du tireur ont été supprimés.Il est équipé de roues en tôle emboutie qui sont plus petites que les modèles rencontrés précédemment.

 

 

Il s'agit très certainement de roues américaines car les canons de 75 équipant la 1°DFL sont en majorité d'origine américaine. En effet, en 1940, le Général de Gaulle ordonne le détournement vers l'Angleterre d'un bateau en provenance des Etats-unis et à destination de Bordeaux. Ce bateau était chargé d'une livraison des Etats-unis: 1000 canons de 75 et 1 million d'obus. La cargaison a par la suite été envoyée en Afrique du nord pour permettre d'équiper les militaires de la 1° DFL.

 

 




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