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Le canon de 75 modèle
1897 a connu une carrière exemplaire puisque les derniers canons
encore en dotation dans l'artillerie francaise ont été retirés
du service actif pendant la guerre d'Algérie. Durant toutes ces
années, le 75 a été à plusieurs reprises modifié
pour être amélioré, ou adapté à des
utilisations particulères.
Voici les principales
variantes du 75:
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Les canons de 75 anti-aériens,
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Le canon de 75 équipant le char Saint Chamond,
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Les canons de 75 de la Ligne Maginot,
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Le canon de 75 modèle 1897 modifié 1938,
-
Le canon de 75 modèle 1897 modifié 1940,
Bientôt:
- les
canons de 75 modifés équipant l'armée de la
France Libre en Afrique du nord,
- Les
prototypes,
LES
CANONS DE 75
ANTI AERIEN:
Lorsque la grande guerre éclate, l'idée d'une artillerie
contre ballons et avions avait déjà été évoquée
depuis le début du siècle.
En effet les artilleurs voient rapidement le rôle primordial que
peuvent avoir les ballons d'observation dans le réglage des tirs
et la désignation des objectifs. En désaccord avec la doctrine
du commandement, ils veulent même donner aux ballons une mission
de combat et de bombardement.
Dès 1909, l'artillerie crée un établissement d'aviation
militaire, sous les ordres du Lieutenant-colonel Estienne.
Cette unité est chargée dans un premier temps d'expérimenter
différentes utilisations de ballons au service de l'artillerie.
Mais les progrès réalisés par l'aéronautique
militaire conduisent très tôt à la nécessité
de protéger ces ballons en forme de saucisse.Très peu maniables
et très vulnérables face à l'armement emporté
par les avions, on décide de créer des moyens de défense
contre aéronefs (DCA). Ces moyens vont dès le début
de la guerre de position avoir aussi pour mission de protéger les
lignes francaises des nombreux avions de chasse allemands.
En
1913 le premier canon de 75 de DCA entre en service: l'auto canon de
75 De Dion Bouton modèle 1913. Ce canon au pointage tous azimuts,
novateur pour l'époque, s'avère au cours de la guerre mal
adapté pour lutter contre des avions de plus en plus rapides et
maniables (vitesse de pointage trop lente, munition mal adaptée...).
Alors qu'un seul exemplaire existait au début de la guerre, ce
sont environ 400 autocanons de 75 qui défendent, comme ils
le peuvent, la ligne de front francais en 1918. Rassemblés au sein
de groupes d'autocanons dès 1916, ils sont directement placés
sous les ordres des corps d'armées et leur utilisation les amènent
à être souvent déplacés pour venir soutenir
les grandes offensives en préparation.
Je vous invite à
aller visiter un site très intéressant de photos sur la
guerre de 14-18 où figurent de superbes vues d'un autocanon avec
son équipage: http://bac.d.free.fr/guerre_14_18/
Pour palier le manque
d'auto canons sur le front jusqu'en 1916, des canons de 75 montés
sur des affuts anti aériens de fortune apparaissent ici et là
sur le front. Souvent fabriqués sur les arrières immédiats
du front ces modèles de 75 de DCA n'ont, à priori, pas eu
d'existence prolongée après la guerre.
En voici trois exemples:
LE
CANON DE 75 EQUIPANT
LE CHAR SAINT CHAMOND:
Les Anglais expériment
les chars à partir du 15 septembre 1916, lors de l'attaque des
lignes allemandes sur le plateau de Thiepval, avec 48 chars alignés.
La surprise dans les lignes ennemies est totale, et les anglais enfoncent
le front de plusieurs kilomètres.

Dans l'armée française, début 1916, c'est le Général
Estienne qui persuade le haut commandement de l'intérêt
de créer une artillerie Spéciale ( A.S.) pour enfin reprendre
l'initiative sur la ligne de front. Un prototype conçu par Schneider
est accepté et une première commande de 400 exemplaires
est passée. La première conception tactique d'emploi des
chars du Général Estienne date de 1915: les chars permettront
de transporter l'infanterie et ses armes à travers les obstacles
et la mitraille du champ de bataille. Mais, devant les difficultés
techniques, cette tactique évolue. Désormais, le nombre
de blindés combiné à l'effet de surprise permettra
de réaliser la rupture du front.
Dans l'Oise, sur le plateau de Champlieu (au sud-est de la forêt
de Compiegne), un camp d'entraînement de l'Artillerie Spéciale
est rapidement crée afin d'instruire au plus tôt les premiers
équipages désignés aux tactiques d'emploi de cette
nouvelle arme.

Parallèlement
à la construction des chars Schneider, 400 chars de rupture sont
commandés à la Compagnie des Forges et Aciéries de
la Marine et d'Homécourt (F.A.M.H.) de Saint Chamond, près
de Lyon. Le nouveau véhicule est plus grand et plus lourd que le
char d'assaut Schneider, mais il partage avec ce lui un grand nombre d'éléments
mécaniques provenant du tracteur Holt.
Lors de l'offensive
du Chemin des Dames en 1917, plusieurs groupes de chars dont quelques
Saint-Chamond sont engagés dans le secteur de la Malmaison. Souffrant
de nombreuses imperfections techniques ( mobilité réduite,
mauvaise fiabilitédu moteur, risque d'incendie...), et soumis au
feux incessants de l'artillerie allemande, ces engins subissent de très
lourdes pertes.
Sur 63 chars, 27 ne dépassent pas les lignes françaises,
et 15 tombent en panne dans la 1° ligne allemande...
Malgré ces échecs, le Général Estienne reste
convaincu de l'efficacité indéniable de ces engins encore
bien vulnérables. A cette même époque un nouveau prototype
bien plus maniable et rapide est déjà à l'expérimentation:
le char Renault FT 17.
Le char Saint Chamond
disposait d'un canon tirant dans l'axe qui se révéla peu
performant en tout-terrain du fait de l'important porte-à-faux
de la caisse. Deux modèles furent construits : le premier modèle
fut équipé d'un canon de 75mm Saint-Chamond, le second armé
d'un canon de 75mm modèle1897 et protégé par un toit
en pente protégeant efficacement l'équipe des tirs de grenades.
Les chenilles furent également modifiées pour améliorer
la traction du blindé.

- Moteur: Panhard, 4-cylindres à essence, 67 KW
- Vitesse maximum: 8 km/h maximm sur route
- Autonomie moyenne: 59, 5 km ou 9 heures en terrain varié.
- Longueur: 8, 68 m.
- Largeur: 2, 67 m.
- Hauteur: 2, 36 m.
- Poids: 22 tonnes
- Armement (chars de 1° série): canon St. Chamond T.R.
de 75 mm,
quatre mitrailleuses Hotchkiss de 8 mm.
- Armement (chars de fin de série): canon de 75 mm modèle
1897,
quatre mitrailleuses Hotchkiss de 8 mm.
- Blindage: de 11 à 17 mm.
- Equipage: 8hommes.
LES
CANONS DE 75 DE LA LIGNE MAGINOT:
La ligne Maginot, baptisée d'après le nom d'André
Maginot, ministre de la guerre en 1930, est une ligne de défense
face aux frontières nord et est dont la construction a débuté
en 1929. Forte de 58 ouvrages d'infanterie et d'artillerie, cette ligne
de fortification a bien sûr été dotée du canon
de 75 dont différents modèles en assuraient la protection.
Ces canons de 75 modifiés équipant les régiments
d'artillerie de forteresse utilisaient les mêmes munitions que le
75 de campagne.
Sous casemate se
trouvaient:
- le canon de 75
modèle 1929 ou modèle 1933,
- le mortier de 75 modèle 1932.
Sous tourelle se
trouvaient:
- le canon de 75
raccourci modèle 1932,
- le canon de 75 modèle 1933.
Par manque de connaissances
sur la ligne Maginot et sur ces modèles spécifiques dévivés
du canon de 75, je ne développerai pas ce sujet, mais je vous encourage
à visiter l'excellent site:
www.lignemaginot.com.
Ce site est LA REFERENCE sur le sujet. Très bien
fait, il vous permettra de découvrir tous les aspects de cette
page de notre histoire.
LE
CANON DE 75
Modèle 1897 Modifié 1938:

Avec la généralisation de l'automobile dans les armées
au cours des années 30, le canon de 75 modèle 1897 s'avère
totalement inadapté à la traction par véhicules à
moteur. Conçues à l'origine pour la traction hippomobile,
ses roues en boisà bande de roulement métalliques limitent
la vitesse moyenne de déplacement de l'attelage à 7 - 8
kilomètres à l'heure. Au delà, le canon, dépouvu
de suspension, s'expose à des dégradations importantes.
Pour palier ce problème,
deux possibilités voient réglementairement le jour au début
des années 30:
- Dans un premier
cas, on prévoit non plus de tracter le canon, mais de le porter
sur un camion à plate-forme spécialement aménagée.
Deux rampes permettent de monter le canon, à l'aide de cordages
ou d'un treuil si le véhicule en est équipé.
- L'autre solution
retenue consiste à atteler le canon ou le caisson derrière
le camion. Pour remédier au problème de l'absence de suspension,
le canon ou le caisson reposent sur un train rouleur spécialment
conçu, à deux éléments. Ce train rouleur autorise
une traction du canon ou du caisson jusqu'à une vitesse moyenne
de 20 kilomètres à l'heure. Deux roues pleines à
bande de roulement en caoutchouc, d'un diamètre de 50 cm, sont
fixées à un moyeu et reliées entre elles par une
suspension à lames métalliques. Sur la partie supérieure
de l'élément de train rouleur, un support vient se fixer
sur la partie libre de l'essieu du canon ou du caisson. Les roues du canon
ne touchent plus le sol et reposent alors chacunes sur deux roues avec
suspension. Trains rouleurs de canon et de caisson diffèrent légèrement
dans la partie supérieure de fixation.
Un train rouleur
de canon est composé de:
- 2 éléments de train rouleur de canon,
- 1 barre d'accouplement,
- 2 cales de roues, utilisées pour la manoeuvre.
Un train rouleur
de caisson est composé de:
- 2 éléments de train rouleur de caisson,
- 1 barre d'accouplement,
- 1 clef à tube, utilisée pour la manoeuvre.
Mais ces deux solutions
ne sont que provisoires et compliquent la tâche des artilleurs pour
mettre en oeuvre leur canon.

En 1938, le 75 est modifié, notamment par la mise en place
de roues à pneumatiques pleins montés sur des jantes moulées.
Par la suite on rencontre aussi des roues avec pneumatiques à chambre
à air montées sur des jantes en tôle emboutie.
On peut enfin atteler
correctement le canon derrière un camion ou un tracteur d'artillerie
semi-chenillé sans manipulations complexes.
Plusieurs modèles
de roues peuvent être différenciés sur ces photos:
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Jantes
moulées avec pneus pleins
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Jantes
en tôle emboutie avec pneus à chambre à air
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LE
CANON DE 75
Modèle 1897 Modifié 1938-1940:
Ce modèle
est la continuité de l'évolution du canon de 75. Les système
de frein à abattage est supprimé et remplacé par
des freins à tambours situés dans le moyeu des roues. Les
pneumatiques à chambre à air sont devenus de rigueur.
Un
suberbe exemplaire de ce modèle est exposé au Musée
de l'Armée (Paris, les Invalides). Il s'agit d'un canon entièrement
restauré ayant participé aux combats de Bir Hacheim en mai
1942 au sein de la 1°DFL.Ce canon, de couleur sable, a le bouclier
découpé pour réduire la silhouette de la pièce.
Les sièges du pointeur et du tireur ont été supprimés.Il
est équipé de roues en tôle emboutie qui sont plus
petites que les modèles rencontrés précédemment.
Il
s'agit très certainement de roues américaines car les canons
de 75 équipant la 1°DFL sont en majorité d'origine américaine.
En effet, en 1940, le Général de Gaulle ordonne le détournement
vers l'Angleterre d'un bateau en provenance des Etats-unis et à
destination de Bordeaux. Ce bateau était chargé d'une livraison
des Etats-unis: 1000 canons de 75 et 1 million d'obus. La cargaison a
par la suite été envoyée en Afrique du nord pour
permettre d'équiper les militaires de la 1° DFL.
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